Mélisse
melissa officinalis
Bon, c'est
vrai, la variété officinale est un peu terne, mais un coin "d'herbes" ne peut
se concevoir sans elle, et puis il existe des variétés à feuillages dorés ou
panachés, bien jolies avec nos amies.
Et quel plaisir de froisser ses
feuilles à odeur citronnée en passant près d'elle... surtout quand on sait que
cela éloigne les moustiques et qu'à 22 h, on est dans le jardin pour arroser
quelques assoifées (ce que sont aussi les moustiques en cette belle soirée de
juin !).
Connue depuis l'antiquité : le médecin Discoride appliquait des
feuilles de mélisse sur les plaies, et Pline l'Ancien la recommandait pour
arrêter les saignements.
Au VIIè siècle la mélisse est introduite en Espagne
par les Maures, dont les médecins, vantaient les mérites de cette plante aux
gens nerveux.
Au XIè siècle Avicienne écrivait à son sujet : "la mélisse met
le coeur et l'esprit en fête".
Adoptée par l'Europe du Moyen-Age, elle à
tellement de succès que les herboristes européens en firent un remède miracle,
pouvant guérir presque tous les maux.
Sa réputation, déjà grande, ne fit que
croître encore lorsque les moines du couvent des Carmes (rue de Vaugirard à
Paris) mirent au point la célèbre "eau de mélisse des Carmes Boyer", toujours en
usage à ce jour !
QUELQUES UTILISATIONS
AU JARDIN :
Les abeilles raffolent de cette plante
mellifère, d'ou sont nom de "melissa" qui en grec veut dire
abeille.
De 30 à 80 cm (suivant que l'on taille ou pas) elle peut-être fond
de massifs, bordures ou potées.
Bonne fille, elle aime le soleil et un sol
bien drainé, mais pousse aussi fort bien à l'ombre dans un coin humide (c'est le
cas de la panachée installée chez moi).
On peut la semer au printemps ou en
fin d'été, la reproduire par éclats de touffes aux mêmes périodes, la bouturer
(jeunes pousses avant floraison) ou l'acheter en godet lors d'une fête des
plantes ou l'on vous vantera ses mérites : quand je vous dit que c'est une brave
plante !
Comme elle à un peu tendance à la rouille (nul n'est parfait...), on
peut la traiter (bouillie bordelaise) ou prévenir en taillant en début d'été (ce
qui permet une bonne récolte !). Ce traitement semble lui convenir, car l'été
passé, elle est de nouveau superbe en automne.
Vivace résistante et rustique
(-15)), elle disparaît l'hiver pour nous redire bonjour au
printemps.
USAGES MEDICINAUX :
Stimulante, antispasmodique,
neurotrope, sédatif nerveux, anti-inflammatoire, emménagogue, stomachique,
carminative, cholérétique, antibactérienne, antivirale.
La mélisse en
infusion est sédative, délassante et soulage les migraines ; l'infusion était
également employée en eau gingivale lors de maux dentaires.
Les feuilles
fraîches soulagent les piqûres d'insectes.![]()
EN COSMETIQUE :
Un vieux proverbe
dit : "Si femme savait ce que fait mélisse, elle en garderait dans sa
chemise".
Et il est vrai que cette plante amie des femmes, soulage bien des
douleurs et autres tensions dues aux règles.
C'est aussi une bonne lotion
nettoyante des peaux grasses, et utile comme "infusion de bain" relaxante :
Faire infuser 8 cuil. à soupe de mélisse (fraîche de préférence) dans 1 litre
d'eau pendant 20 mn et verser dans l'eau du bain.
CÔTE CUISINE :
Les feuilles fraîches aromatisent boissons, confitures et coupes de fruits, mais
aussi salades vertes et composées ou son parfum citronné est le bienvenu.
Son
arôme disparaît en grande partie à la cuisson.
La mélisse est employée dans
des liqueurs telle que la Chartreuse.
Et une petite recette :
MELISSA
COGNAC (bon, d'accord, je suis Charentaise !)
Dans un litre de cognac,
faire macérer 6 jeunes tiges de mélisse (avec feuilles), 2 cuil. de miel, 2
zestes de citron et 10 graines de coriandre pendant 1 mois puis filtrer. Cet
"anti-stress" est à CONSOMMER AVEC MODERATION
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