
Rue
ruta graveolens
Fortement aromatique
(attention, je vous vois grimacer !), son odeur particulière paraît... franchement
désagréable, voir nauséabonde pour le nez de quelques jardiniers(ères).
Mais ses jolies feuilles gris bleuté sont si
jolies en bouquets avec... devinez qui !
Dès l'antiquité grecque, la rue
entrait dans la préparation d'antidotes, et on s'en servait en collyres pour
améliorer la vue.
Aristote, dans son "Histoire des animaux IX-6 rapporte que
la belette, avant de combattre les serpents, va se frotter contre cette plante
redoutée des reptiles.
Cette croyance est encore vivace de nos
jours.
Surnommée "herbe de grâce", et réputée pour ses vertus
anaphrodisiaques, la rue figurant dans le Capitulaire De Villis était cultivée
dans tous les monastères de la France du Moyen-Age. Les moines devait en
consommer régulièrement pour garder leur chasteté.
Dans les Abbruzzes
(Italie), la rue fournissait un talisman contre les sorcières : on cousait des
feuilles de rue dans une petite bourse portée cachée sur la poitrine.
En
frottant le plancher de sa maison avec cette plante, on était sûr de chasser les
sorcières (et certain de faire fuir les puces réfugiées entre les lattes de
parquet !).
QUELQUES UTILISATIONS
AU JARDIN :
Appelée aussi rue officinale, rue odorante, rue
fétide, herbe de grâce, rue des jardins, la rue est une herbacée, vivace
rustique répandue en France et autour du bassin méditerranéen, sur les coteaux
arides.
De part ses origines, cette plante préfère les situations
ensoleillées, mais tolère une ombre légère.
Elle apprécie un sol profond et
bien drainé, peu d'arrosages et l'engrais ne lui est pas nécessaire.
Pouvant
atteindre 80 cm de haut, la rue supporte bien la taille (au début du printemps)
qui est même conseillée pour garder une jolie forme arrondie à la plante et
faire de belles bordures.
Les semis ont lieu dès mars, en caissettes
abritées, la rue se reproduit aussi par boutures et marcotte très facilement :
il suffit de faire toucher terre aux branches, et à couper du pied mère une fois
que c'est bien enraciné.
Les 2 variétés les plus courantes sont "Jackman's
Blue" et "Variégata" aux feuilles mouchetées de blanc.
ATTENTION : La sève de
cette plante est photosensibilisante : risque de brûlures de la peau après
contact avec la sève et exposition solaire.
Porter des gants pour la
manipuler, et éviter la rue dans un jardin avec de jeunes enfants.
RECETTE
ANTI-PUCERONS :
Avant que les fleurs montent en graines, mettre 900 g de rue
dans 10 l d'eau.
Laisser macérer pendant 10 jours et filtrer ce purin qui se
conserve plusieurs mois dans un récipient bouché.
Pour traiter, diluer 200 ml
de purin pour 1 l d'eau et pulvériser sur les feuillages.
Renouveler tous les
3 ou 4 jours, tant que les pucerons
résistent.
USAGES MEDICINAUX :
Antispasmodique, emménagogue
et sédative. C'était une plante utilisée autrefois pour ses propriétés
abortives.
La rue fut interdite après la guerre de 14-18 (loi de 1921) : le
simple fait d'écrire qu'elle "faisait passer les enfants indésirables" était
passible de poursuites !
DANS LA MAISON :
C'est un puissant répulsif des puces,
mais aussi d'autres insectes.

CÔTE CUISINE :
Les feuille fraîches ou séchées sont à utiliser en
petites quantités (parfumées mais très amères) dans les sauces, oeufs brouillés ou omelettes,
fromages blancs et beurres aux herbes.
Très prisée des Anglo-saxons, la rue
sert aussi à aromatiser des boissons alcoolisées, la bière mais aussi le vin
blanc dont elle rehausse le bouquet.
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